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Quel est le salaire moyen au Maroc en 2024 ?

Quel est le salaire moyen au Maroc en 2024 ?

Le salaire moyen au Maroc s'établissait à environ 4 193 dirhams nets par mois (soit 382 €) en 2024. Ce chiffre cache des écarts très marqués entre le public et le privé, entre les villes, et surtout entre les travailleurs déclarés et ceux qui restent en marge du système. Avant de parler de niveau de vie, il faut regarder de près ce que pèse vraiment ce revenu une fois le loyer et les courses payés.

Quelle différence entre salaire moyen, salaire médian et SMIG ?

Le salaire moyen est une moyenne arithmétique : il additionne tous les revenus et les divise par le nombre de salariés. Le problème, c'est que quelques hauts revenus tirent la moyenne vers le haut, donnant une image flatteuse qui ne correspond pas à la réalité de la majorité. En 2017, le salaire médian (celui qui coupe la population en deux moitiés égales) était de 2 712 dirhams par mois, alors que le salaire moyen atteignait déjà 5 120 dirhams. L'écart reste du même ordre aujourd'hui.

Quel est le salaire moyen au Maroc en 2024 ?
Quel est le salaire moyen au Maroc en 2024 ?

Le SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) sert de plancher légal. En 2024, il était fixé à 3 111 dirhams brut par mois (environ 291 €), après une revalorisation de 5 % en septembre 2023. Pour le secteur agricole, le SMAG (salaire minimum agricole garanti) était encore plus bas : 2 303 dirhams par mois, soit environ 215 €. Une nouvelle hausse de 5 % est déjà programmée pour 2025, avec un passage à 3 046 dirhams net, puis une autre en 2026 à 3 191 dirhams net.

Malgré ces revalorisations, quatre salariés du privé sur dix touchent moins que le SMIG, selon les données de la CNSS. Cela signifie qu'une partie importante des travailleurs déclarés perçoit un revenu inférieur au minimum légal, ce qui interroge sur l'effectivité du contrôle et sur les conditions de vie réelles.

Salaire public contre salaire privé : un écart persistant

Le secteur public reste nettement plus avantageux. En 2024, le salaire moyen y atteignait 7 549 dirhams par mois (709 €), contre 5 188 dirhams (487 €) dans le privé. L'écart est de 2 361 dirhams, soit environ 222 € par mois. Il s'est toutefois réduit par rapport à 2018, où le delta grimpait à 7 600 dirhams.

Les fonctionnaires bénéficient en plus d'une couverture santé et d'une affiliation à un système de retraite, ce qui n'est pas le cas de la majorité des actifs marocains. 79 % de la population active n'est affiliée à aucun système de retraite, et 75 % des travailleurs ne disposent d'aucune couverture sociale. Le statut de fonctionnaire offre donc une sécurité que le privé ne garantit pas, même à salaire équivalent.

Les disparités géographiques : villes les mieux payées et surprises

Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas toujours les grandes métropoles qui offrent les meilleurs salaires. Voici un aperçu des salaires moyens nets mensuels dans les principales villes marocaines en 2024, exprimés en euros :

Ville Salaire moyen net mensuel (€)
Settat 660,69 €
Safi 560,45 €
Fès 522,48 €
Casablanca 447,28 €
Taounate 441,98 €
Rabat 439,93 €
Oujda 396,41 €
Ouarzazate 396,41 €
Khouribga 391,86 €
Marrakech 362,01 €
Tétouan 348,57 €
Meknès 342,87 €
El Jadida 334,46 €
Nador 332,62 €
Tanger 330,67 €
Agadir 305,28 €
Kénitra 281,89 €
Sidi Slimane 181,08 €

Settat et Safi devancent Casablanca et Rabat, alors qu'Agadir, pourtant destination touristique majeure, affiche un salaire moyen inférieur à 310 €. Toutes les villes ont vu leur salaire moyen baisser en 2024 par rapport à 2021, signe que la reprise économique reste fragile et inégale selon les territoires.

Quel est le salaire moyen au Maroc en 2024 ?
Quel est le salaire moyen au Maroc en 2024 ?

Les secteurs qui paient le mieux

Les écarts par secteur sont encore plus marqués que les écarts géographiques. Voici les domaines où les rémunérations sont les plus attractives :

  • Finance, banque et assurances : les salaires peuvent dépasser 10 000 dirhams par mois, avec des profils expérimentés qui montent jusqu'à 20 000 dirhams.
  • Technologies de l'information et ingénierie : un ingénieur ou un développeur perçoit entre 8 000 et 20 000 dirhams selon l'expérience et la spécialité.
  • Santé : les médecins et pharmaciens gagnent entre 8 000 et 15 000 dirhams, tandis que les infirmiers sont plutôt entre 4 000 et 6 000 dirhams.
  • Marketing et communication : un chef de produit débutant peut prétendre à environ 13 000 dirhams, et jusqu'à 30 000 dirhams en fin de carrière.
  • Agriculture : les revenus moyens tournent autour de 3 028 dirhams par mois, soit à peine plus que le SMAG.

Les secteurs les plus dynamiques en 2025 sont l'industrie automobile (35,7 % des exportations), l'agroalimentaire (22,5 % des exportations), le BTP et le tourisme. Ces filières créent des emplois, mais les salaires d'embauche restent souvent proches du minimum légal pour les postes peu qualifiés.

Coût de la vie : les salaires suivent-ils ?

Le coût de la vie au Maroc est environ 55 % moins élevé qu'en France, selon les données disponibles. Les loyers sont abordables dans la plupart des villes, sauf dans les quartiers huppés de Casablanca ou Rabat. Les frais de scolarité pour les écoles françaises tournent autour de 3 700 dirhams par mois, un montant qui dépasse le SMIG et qui illustre le décalage entre certains services et les revenus moyens.

Mais le problème principal, c'est que les salaires n'ont pas suivi l'inflation. L'indice des prix à la consommation a augmenté de 2,2 % certaines années, tandis que le salaire moyen a chuté de 62 % entre 2018 et 2019 avant de remonter partiellement. Le pouvoir d'achat des ménages reste sous tension, surtout pour ceux qui gagnent moins de 3 000 dirhams par mois, c'est-à-dire une part importante des salariés du privé.

Ce qu'il faut retenir avant de s'installer ou de recruter au Maroc

Le salaire moyen de 4 193 dirhams donne une indication, mais il ne dit rien de la réalité des bas salaires ni de la précarité des travailleurs non déclarés. Si vous envisagez de vous expatrier, le secteur public et les grandes entreprises des secteurs finance et IT offrent les meilleures conditions. Pour un recrutement local, il faut compter un salaire d'embauche autour de 5 000 à 6 000 dirhams pour un poste qualifié dans le privé, et viser plutôt 7 000 à 8 000 dirhams pour attirer des profils expérimentés.

La revalorisation du SMIG en 2025 et 2026 va mécaniquement faire remonter les plus bas salaires, mais l'écart avec le secteur public et avec les hauts revenus restera significatif. Le vrai levier pour améliorer son salaire au Maroc, c'est la qualification : un diplôme bac+4 ou bac+5 dans un secteur porteur double quasiment le revenu par rapport à un emploi non qualifié. À l'inverse, compter sur une hausse générale des salaires pour vivre mieux serait risqué, tant que l'informalité et la faiblesse de la couverture sociale ne seront pas résorbées.