Vous venez de terminer un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation et vous cherchez du travail. La question du chômage est légitime. Comme tout salarié, l’alternant cotise et peut prétendre à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE). Mais il faut remplir des conditions précises, notamment une durée de travail minimale. Voici ce qui vous attend concrètement et comment faire les démarches sans perdre de temps.
Quelles conditions pour toucher l’ARE après un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation ?
Pour ouvrir des droits, vous devez justifier d’au moins 6 mois de travail (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois. Si vous avez 55 ans ou plus à la date de fin de votre contrat, la période de référence passe à 36 mois. Une condition supplémentaire : vous ne devez pas avoir quitté volontairement votre poste. La démission, sauf cas très particuliers, ferme la porte à l’indemnisation.

L’inscription à France Travail est obligatoire. Faites-la dès le lendemain de votre dernier jour travaillé, même si vous avez un délai de 12 mois pour le faire. Plus tard vous vous inscrivez, plus tard l’indemnisation commence. Vous devrez fournir l’attestation employeur que votre entreprise vous remet à la fin du contrat. Sans ce document, le calcul de vos droits est impossible.
Mon contrat a été rompu avant son terme : ai-je encore droit au chômage ?
Oui, dans plusieurs cas. Si votre employeur a rompu le contrat d’apprentissage pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, vous pouvez prétendre à l’ARE. Passé ce délai, la rupture peut aussi ouvrir des droits si elle est due à une faute grave de l’apprenti, à une force majeure ou à une inaptitude constatée par le médecin du travail. Une rupture d’un commun accord entre vous et votre employeur est également acceptée, que ce soit pour un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation.
Attention : si vous démissionnez sans motif reconnu, vous perdez vos droits. La règle est la même que pour les autres salariés.
Combien vais-je toucher et pendant combien de temps ?
Le montant de votre allocation dépend de votre salaire perçu en alternance. France Travail calcule un salaire journalier de référence, puis applique un taux. Pour les apprentis, les montants nets mensuels varient selon l’âge et le salaire : entre 252 € et 789 € nets pour les moins de 18 ans jusqu’aux plus de 21 ans. Pour les contrats de professionnalisation, les indemnités vont de 556 € à 810 € nets selon l’âge.
La durée d’indemnisation est liée à la durée de votre contrat. Elle ne peut pas dépasser 730 jours (2 ans). Concrètement, si vous avez travaillé 12 mois, vous pouvez toucher l’allocation pendant 12 mois maximum. Le versement ne commence pas le jour de la fin de votre contrat : un délai de carence de 7 jours s’applique. Ce délai peut être allongé si vous avez perçu des indemnités compensatrices de congés payés ou une indemnité de rupture supérieure au minimum légal.
Tableau des indemnités mensuelles selon le contrat
| Type de contrat | Tranche d’âge | Salaire mensuel brut perçu | Indemnité ARE nette estimée |
|---|---|---|---|
| Apprentissage | Moins de 18 ans | 432 € à 881 € | 252 € à 536 € |
| Apprentissage | 18 à 21 ans | 689 € à 1 074 € | 414 € à 657 € |
| Apprentissage | Plus de 21 ans | 849 € à 1 250 € | 536 € à 789 € |
| Professionnalisation | Avant 21 ans | 750 € à 887 € | 556 € à 657 € |
| Professionnalisation | Après 21 ans | 955 € à 1 092 € | 708 € à 810 € |
Puis-je cumuler mon allocation avec un nouveau travail ?
Oui, c’est possible et même encouragé. Si vous retrouvez une activité, que ce soit à temps partiel ou à temps plein, vous pouvez cumuler votre salaire avec une partie de votre ARE. Le calcul est le suivant : France Travail déduit 70 % de vos revenus bruts du montant total de l’allocation qui vous serait versée sans reprise d’emploi. Le résultat est ensuite divisé par votre allocation journalière pour déterminer le nombre de jours indemnisables dans le mois. Attention : le cumul salaire + allocations ne doit pas dépasser le montant de votre ancien salaire mensuel.
Cette option est intéressante si vous acceptez un contrat court ou à temps réduit en attendant un poste stable. Vous conservez le reliquat de vos droits pour plus tard.

Le droit d’option : une seconde chance pour votre indemnisation
Si vous avez retrouvé un emploi d’au moins 4 mois après votre alternance et que vous perdez à nouveau ce travail, vous pouvez utiliser le droit d’option. Ce mécanisme vous permet de demander l’ouverture d’un nouveau droit à l’ARE calculé sur votre dernier emploi, même s’il vous reste des allocations non consommées de votre contrat d’alternance. Vous choisissez le calcul le plus avantageux. Renseignez-vous auprès de votre conseiller France Travail pour savoir si cette option s’applique à votre situation.
Ne perdez pas de vue les documents à réclamer à votre employeur
À la fin de votre contrat, votre employeur doit impérativement vous remettre quatre documents :
- un certificat de travail ;
- l’attestation employeur destinée à France Travail ;
- un reçu pour solde de tout compte ;
- un état récapitulatif de votre épargne salariale si l’entreprise en propose.
Sans l’attestation employeur, votre inscription à France Travail et le calcul de vos droits sont bloqués. Vérifiez que vous l’avez bien reçue avant de quitter définitivement l’entreprise.
Depuis avril 2025, le montant mensuel de l’ARE est calculé sur une base fixe de 30 jours calendaires, quel que soit le mois. Cela simplifie le suivi, mais ne change pas le montant total dû.
Une erreur fréquente : attendre pour s’inscrire
Beaucoup d’anciens alternants pensent qu’ils peuvent s’inscrire à France Travail plusieurs semaines après la fin du contrat. C’est une erreur. Le délai de carence de 7 jours commence à courir à partir de votre inscription, pas à partir de la fin du contrat. Si vous attendez un mois, vous perdez un mois d’indemnisation potentielle. Inscrivez-vous dès le lendemain de votre dernier jour travaillé.
Autre point : si vous avez cumulé des congés payés non pris, l’indemnité compensatrice que vous touchez allonge le différé d’indemnisation. Pour éviter cela, prenez tous vos congés avant la fin du contrat, si votre employeur est d’accord.
Ce qu’il faut retenir pour agir maintenant
L’alternance vous donne droit au chômage comme n’importe quel salarié, à condition d’avoir travaillé au moins 6 mois et de ne pas avoir démissionné. Le montant dépend de votre salaire, mais il permet de tenir financièrement le temps de retrouver un emploi. Ne tardez pas à vous inscrire et rassemblez vos documents dès la fin du contrat. Si vous avez un doute sur votre situation personnelle, prenez rendez-vous avec un conseiller France Travail. L’enjeu est simple : ne pas laisser passer des droits que vous avez cotisés.
